Ce jour là…

80 ans après, aucune reconnaissance officielle par la France de sa volonté génocidaire, aucune demande de pardon, juste une criminalisation accrue du monde du Voyage. Exigeons une action positive de l’État !

Chaque jour retrouvez le calendrier des persécutions contre les Nomades et Forains survenues en France entre 1912 et 1969

20 mai 1919 Camp de Crest Malgré la signature de l’Armistice 184 jours auparavant, le camp reste ouvert…
20 mai 1940
20 Mai 1941 Des familles Nomades du camp de Sylvéréal (Gard) sollicitent « l’autorisation à titre exceptionnel, de se rendre aux fêtes annuelles des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône) qui doivent avoir lieu à 15 kilomètres de là les 25, 26 et 27 mai. « Malgré les difficultés sans nombre qui s’opposaient à la traditionnelle migration des Gitans, plus de 900 d’entre eux avaient cheminé jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour le pèlerinage du 24 mai » Note la très collaboratrice Revue d’Arles n°4, juin 1941, p. 115-117 « A l’honneur de Sara la Brune » avec un poème du marquis de Baroncelli. Salut aux couleurs avec le sous-préfet.
Jeudi 20 Mai 1943 Camp de Nomades de Montreuil-Bellay
Au mois de janvier nous nous étions chargées de faire parvenir au Secours National pour obtenir du fil, des lettres de mercerie prises sur les cartes des internés. Par suite de cause que nous n’arrivons pas à élucider, ce fil n’est jamais arrivé. Aussi ce matin, le sous directeur nous fait-il toute une histoire. Pour prévenir toute erreur, M. ND de Bon Secours décide d’aller trouver le sous préfet et de lui expliquer l’affaire avant qu’elle ne soit déformée. Nous nous rendons à Saumur par le train de 5h du soir et sommes très bien reçues par lui. Cette visite nous a même bien amusées, le sous préfet nous disant son appréciation sur un des messieurs du bureau : « ce pauvre garçon, j’en suis encore à chercher quelles sont ses capacités ! ». C’était tellement notre avis depuis que nous sommes au camp. La conversation a continué sur ce ton. Nous pouvons être sûres maintenant que nous avons la confiance du sous préfet. » Journal de la Mission Notre-Dame, p. 160.
Camp de Nomades de Saliers-Arles : Vie du camp : Retour d’évasion : Léa CHEVALIER ; Évasion de Edouard LOEFFLER
Samedi 20 Mai 1944 Camp de Nomades de Montreuil-Bellay
Toujours pas d’eau. On va chercher de l’eau avec une tonne et un cheval, cela va pour la cuisine et la boisson, mais impossible de faire la lessive. Pompon (9 ans) a rêvé cette nuit à la Sainte Vierge. Il raconte à Sr Bertille : « Elle était belle !, au dessus du fourneau de la pouponnière, avec un grand voile, toute pleine de lumière. Elle m’a dit : est-ce-que tu as confiance en moi. Alors j’ai répondu, oh ! Oui ma sœur ! » Journal de la Mission Notre-Dame, p. 244.

Il y a 80 ans jour pour jour, le 20 Mai 1946 2 225 ème jour d’internement pour des milliers de Nomades dans les camps français… Alors que le conflit armé en Europe a cessé depuis le 08 mai 1945, des centaines de Nomades et Forains restent internés en France au camp des Alliers-Angoulême, assignés à résidence, pour motifs raciaux… Par une Circulaire du ministère de l’Intérieur sur l’assignation à résidence des nomades libérés des camps, par le Gouvernement Provisoire de la République Française, du 13 Février 1946, arguant que les arrêtés du 06 avril et du 29 avril 1940 ont été pris par la IIIe République, et que le pays est encore officiellement en guerre, le nouveau pouvoir gaulliste a reconduit les lois de sédentarisation forcée des Nomades sur son territoire. Le 10 mai 1946 est publiée au Journal Officiel la loi portant fixation de la date légale de cessation des hostilités ; elle met fin officiellement à l’assignation à résidence des Nomades du 06 avril 1940… Il faudra encore attendre pour sa mise en œuvre… A ce jour, aucune reconnaissance du rôle de la France dans sa participation au génocide européen des Sinti-Roma et Voyageurs n’a été réalisée. Depuis 10 ans, l’Union Européenne lui consacre une journée commémorative le 2 août, suite à un vote du parlement européen. Le 8 avril 2026, la Proposition de Résolution Européenne n° 2583 visant rattacher les wagons français à l’Europe était déposée à l’Assemblée Nationale. 80 ans après, aucune reconnaissance officielle par la France de sa volonté génocidaire, aucune demande de pardon, juste une criminalisation accrue du monde du Voyage. Exigeons une action positive de l’État !