Ce jour là…

Chaque jour retrouvez le calendrier des persécutions contre les Nomades et Forains survenues entre 1912 et 1969 :

Baxtaló nevó berš ! 

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18 janvier 1919

Camp de Crest: naissance de Marguerite REINHARDT au « camp de suspects » de Crest (Drôme). Malgré la signature de l’Armistice 67 jours auparavant, le camp de concentration reste ouvert…

Début de la conférence de Paix de Paris qui va durer 6 mois en vue de la préparation du traité de Versailles. Clémenceau, le fondateur des Brigades Mobiles qui traquent les Voyageurs y participe.


18 Janvier 1941

Fin de la vague de froid en France

Camp de Poitiers : Naissance d’Anastasie DUVILLE


18 Janvier 1942,

Camp de Rivesaltes: internement des familles MEYER (Joseph et Charlotte MEYER et leurs enfants Léonard et Georges MEYER), MULLER (Jacques MULLER, Joséphine LUDWIG, et leurs enfants: Louise, Catherine, Barbe, Henriette, et Jacques MULLER) et WOLFF (Edouard WOLFF, Marie FUCHS, et leurs enfants: Joseph, Edouard, Jeanne, Frédéric, Daniel, Benedict, Marie, Georges, Jean, Anna, Antoine, Catherine, Louise, Nicolas, et Henri WOLFF)


18 Janvier 1943

Montreuil-Bellay: †† Décès de Émile Joseph HEUGEBAERT, chanteur ambulant, à l’âge de 53 ans

Saliers-Arles : vie du camp :

Évasions de Emma ADLER, et de sa mère Célestine MULLER

Transfert de Suzanne DORKELD à l’Assistance Publique de Marseille

Proposition de mutation à Fort-Barraux de Georges REINHART


« OBJET : Camp de Saliers

REFERENCES : Note n° 114 Pol. 5 du 08 Janvier 1943 […] note […] du 04 janvier 1943.

Le camp de Saliers est surpeuplé compte tenu de sa capacité du moment. Alors que les baraques camarguaises peuvent abriter 12 personnes au maximum, deux en contiennent 23, mais il faut songer que la majeure partie de la journée, ces gens vivent en plein air et que sur ces 23 personnes, en compte [sic] les deux tiers d’enfants.

Le décongestionnement du camp doit être rapidement obtenu :

I°) par l’envoi dans un camp répressif d’une douzaine d’éléments dangereux.

2°) par la libération des personnes qui ne sont aucunement des nomades. Ce sont des expulsés d’Alsace et de Lorraine des réfugiés ou des forains qui, en 1940, se sont trouvés mélangés à des nomades pendant leurs déplacements et internés avec eux à rivesaltes. La plupart de leurs dossiers ne contiennent d’ailleurs aucun arrêté d’internement. Leurs papiers prouvent au contraire qu’ils étaient domiciliés, parfois depuis 25 ans et qu’ils exerçaient une activité régulière.

Ci-joint deux listes :

I°) des individus dangereux à envoyer d’urgence dans un camp répressif.

2°) des personnes à relaxer au plus tôt.

Ces mesures permettront de ramener l’effectif des hébergés de Saliers à 220 environ au lieu de 306 actuellement. La capacité actuelle du camp étant de 276, celui-ci se trouvera décongestionné. Par ailleurs, les travaux en cours permettront sous peu de porter la capacité à 360 places.

J’ajoute qu’il est prévu dans le plan dressé par les architectes des possibilités d’extension sans augmentation de la superficie occupée, qui porteraient le nombre des places à 708.

Toutefois, je ne suis pas partisan, pour l’instant, de réaliser ce projet d’extension en raison notamment des difficultés d’approvisionnement.

Signé : A. JEAN-FAURE »


18 Janvier 1944

Arles : vie du camp :

Internements :

José GARCIA (matricule 671)

Fraquita GARCIA (matricule 672)

Marie-Jeanne GARCIA (matricule 673)

Joséphine GARCIA (matricule 674)

Antoine GARCIA (matricule 675)

José-François GARCIA (matricule 676)

Geneviève GARCIA (matricule 677)

Elisa GARCIA (matricule 678)

François GARCIA (matricule 679)

Marie-Françoise GARCIA (matricule 680)

Retour de l’hôpital : Philippe FAJARDO, André, Fanny et Sylvain REINARD, Antonia WETTER-FOURMANN.

Retour de permission : Fernand MORÉNO, Antoine TAÏCON

Retour d’évasion : Henriette WIASTERSHEIM

Transfert à l’Assistance Publique de Marseille : Suzanne DORKELD

En permission : Jacques CAPELOT, Jeanne CAPELOT.

Evacuation sur l’hôpital d’Arles : Antonia WETTER-FOURMANN, tandis que ses enfants sont transférés au Bon Pasteur d’Arles (Laurence WETTER, Marie WETTER, et Thérèse, Marie WETTER.)


18 Janvier 1945

le KZ d’Auschwitz est vidé par les nazis devant l’avancée des troupes soviétiques. Plus de 100 000 déportés sont jetés sur les routes de Pologne dans de longues marches de la mort. Quelques-uns, malades, trop faibles réussissent à se cacher dans le camp. Parmi eux : Primo LEVI :

 18 janvier. La nuit de l’évacuation, les cuisines du camp avaient encore fonctionné, et le lendemain matin, à l’infirmerie, on nous distribua la soupe pour la dernière fois. L’installation de chauffage central ne fonctionnait plus ; il y avait encore un reste de chaleur dans les baraques, mais à chaque heure qui passait, la température baissait, et il était clair que nous ne tarderions pas à souffrir du froid. Dehors il devait faire au moins 20° au-dessous de zéro ; la plupart des malades, quand ils avaient quelque chose sur la peau, n’avaient qu’une chemise.
Personne ne savait ce que nous allions devenir. Quelques  SS.étaient restés là, quelques miradors étaient encore occupés.
Vers midi, un officier S.S. fit le tour des baraques. Dans chacune d’elles, il nomma un chef de baraque choisi parmi les non-juifs qui étaient restés, et donna l’ordre d’établir immédiatement une liste séparée des malades juifs et non juifs. La situation semblait claire. Personne ne s’étonna de voir les Allemands conserver jusqu’au bout leur amour national pour les classifications, et il n’y eut plus aucun juif pour penser sérieusement qu’il serait encore vivant le lendemain.
Les deux Français n’avaient rien compris et étaient terrorisés. Je leur traduisis de mauvaise grâce les paroles du S.S. ; leur peur m’irritait : ils n’avaient pas un mois de Lager, ils n’avaient pas encore vraiment faim, ils n’étaient même pas juifs, et ils avaient peur. On eut encore droit à une distribution de pain. Je passai l’après-midi à lire le livre laissé par le médecin : il était très intéressant et j’en garde un souvenir étrangement précis. Je fis également une incursion dans le service voisin, à la recherche de couvertures : de ce côté-là, beaucoup de malades avaient été déclarés guéris et leurs couvertures étaient restées libres. J’en pris quelques-unes assez chaudes.
Quand il sut qu’elles venaient du Service Dysenterie, Arthur fit la grimace : « Y avait point besoin de le dire » ; en effet, elles étaient tachées. Quant à moi, je me disais que de toute façon, vu ce qui nous attendait, il valait mieux dormir au chaud.
La nuit tomba bientôt, mais la lumière électrique continuait à fonctionner. Nous vîmes avec une tranquille épouvante qu’un S.S. armé se tenait au coin de la baraque. Je n’avais pas envie de parler, et je n’avais pas peur, sinon de la manière extérieure et conditionnelle que j’ai dite. Je continuai à lire jusqu’à une heure tardive. »

Primo Levi, Si c’est un homme, Julliard, 1987

 

 

Ne les oublions pas !  –  Ma bis te gar !  – Ma bisterdom tumare anava !

• Camp d’Agde • Hôpital spécial Aix-en-Provence • Dépôt d’Alès • Camp des Alliers-Angoulême • Pouponnières d’Alleins • Camp d’Argelès-sur-Mer • Camp d’Arc-et-Sennans • Camp de Nomades de Saliers-ArlesHôpital d’Arles • Prison d’Arles • Bon Pasteur, Arles • Saint-Vincent de Paul, Arles • Gendarmerie, Arles • Maison d’arrêt d’Avignon • Camp du Barcarès • Camp de Barenton • CSS de Bayonne • Dépôt de Besançon • Maison d’arrêt de Béziers • Château de Boussay • Camp de Brens • Camp de Brignoles • Château de Grammont, Ceyzerieux • Camp de Royaleu, Compiègne • Camp de CoudrecieuxCamp de Crest • Maternité suisse d’Elne • CSS Fort-Barraux • Camp de Gavray • GTE 416 • Château de Grammont • Prison de Grenoble • Camp de Grez-en-Bouère • Maison d’arrêt de Guéret • Camp de Gurs • Camp de Jargeau • Camp de Lannemezan • Hôpital psychiatrique de Limoux • Camp de Linas-Monthléry • Camp de Limoges • Maison d’arrêt de Limoges • Camp de Louviers • Kazerne Dossin, Malines • Centre du Brébant, Marseille • asile de vieillard de Montolivet, Marseille • Assistance publique, Marseille • Camp de Mauzac • Prison de Mende • Camp de Mérignac • Camp de Moisdon-la-Rivière • Maison d’Arrêt de Montauban • Camp de Nomades de Montreuil-Bellay • Camp de Montsûrs • Camp de Morsiglia • Camp de Mulsanne • Camp de Nexon • Maison d’arrêt de Nîmes • Prison de Niort • Camp de Noé • Hôpital Saint-Louis, Perpinya • Maison d’arrêt de Perpignan • Prison de Périgueux •  Camp de Poitiers • Hôpital de Privas • Camp du Récébédou • Camp de Rennes • Camp de Rieucros • Camp de Rivesaltes • Todt La Rochelle • CTS La Rochelle • prison de Saint Calais • prison de Saint-Gilles • Todt Saint-Martin-de-Ré • Camp de Saint-Maximin • Camp de Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes • Camp de Saint Paul d’Eyjaux • Camp de Saint-Sulpice-la-Pointe • Hôpital de Saumur • Camp de Schirmeck • Camp de Septfonds • Camp de Sisteron • Prison de Tarascon • Tarbes • Caserne Cafarelli, Toulouse • Camp du Vernet d’Ariège • Chantier de Jeunesse N° 18, Le Vigan • Dépôt du Vigan •  Prison d’Eysses, Villeneuve-sur-Lot • Dépôt de Viviers

Auschwitz-Birkenau Bergen-Belsen Dachau Natzweiller-Struthof Oranienburg-Sachsenhausen Ravensbruck

Sources : Mémorial des Nomades de France, fond documentaire et archives • Archives familiales privées • Archives Nationales • Archives départementales  • Archives communales • Bibliothèque Nationale de France • Fonds patrimoniaux des Bibliothèques municipales • Archives du Comité de la Croix-Rouge Internationale • Bundesarchiv • ITS Archives, Bad Arolsen • Mémorial de Caen • Centre de Documentation Juive Contemporaine • SGDA • Service Historique de la Défense • Museon Arlatan • CRDA • USHMH