Le pèlerinage de Lourdes (Hautes-Pyrénées)

Depuis 1858, parmi les grands pèlerinages du Voyage (Saintes-Maries-de-la mer, Lourdes, Nevoy, Chaumont) celui de Lourdes tient une place éminente pour les catholiques. Culte marial oblige, il est consacré à la Dormition, jour où prend fin la vie terrestre de la Vierge Marie où son corps sans corruption est transféré au Ciel.

1939-1946

“ La période 1939-1945 marque toutefois un arrêt dans cette expansion : pendant le conflit et l’Occupation, la pénurie des moyens de transport comme les difficultés matérielles raréfient la fréquentation des sanctuaires.“


Manoha, Laure, « Si j’en reviens, j’irai ! ». Le pèlerinage des rapatriés à Lourdes (septembre 1946),
in Matériaux pour l’histoire de notre temps 2023/2-3 N° 149-150 , pages 48 à 54, Éditions La contemporaine

En 1939, Lourdes accueille un centre d’hébergement pour les espagnols fuyant l’Espagne franquiste lors de la retirada.

Bien évidemment, le régime fasciste de Vichy, utilise la religion catholique à ses fins et s’affiche lors du pèlerinage dès le dimanche 20 avril 1941, où en présence d’une foule de pèlerins, Mgr Choquet accueille le Maréchal en lui disant que Notre-Dame de Lourdes « le recevait chez elle ». L’État venait en effet de rétrocéder le domaine au diocèse…

Religion d’État, l’église s’accommode de de son influence retrouvée. Même si des cas de résistance sont avérés, le tableau général est entre ombre et lumière. La lettre de protestation du cardinal de Toulouse, Monseigneur Saliège le 23 août 1942, n’empêchera pas les déportations de Juifs, de Nomades et d’Indésirables vers les camps du Grand Reich (Allemagne-Autriche-Pologne principalement), ni la collaboration active de l’église (travail forcé d’assignés à résidence sans ressources pour l’agriculture, assistance plus que douteuse dans les camps, placements d’enfants…)

Partent de Lourdes en mars 1942, les familles MORÉNO-SANTIAGO, et WOLFF, raflées dans le département et internées au camp de Nomades de Saliers-Arles. La famille WINTERSTEIN elle en est libérée et assignée à résidence en mars 1943.

Le commissaire de police de Lourdes du 1″ octobre 1942 au 24 août 1944, est Casimir Conso (1907-1983)

La ville est libérée le 19 avril 1944.

L’après-guerre

En septembre 1946, se tient le « pèlerinage des rapatriés ». Durant 4 jours environ 100 000 personnes participent à cet évènement. Ce sont d’anciens des Stalags et Oflags, du S.T.O., ou des Déportés politiques.

De 1959 à 1969 Niki LORIER, qui de plus est un excellent violoniste, fait partie des membres organisateurs des pèlerinages de Lourdes, Notre Dame de Banneux, Notre Dame de la Salette et Cologne.

Une note de 1963 indique que les Voyageurs intercalent leur présence au pèlerinage entre les vendanges de chasselas dans l’Héraut et celles du Blayais (Gironde). Cela comprend une soixantaine de roulottes, les autres s’y rendant en train. [FRAD033_58 W 83_1963/09/10]

Autour du pèlerinage

Un rassemblement Voyageur, c’est souvent aussi une organisation qui permet à certains de vivre de leur labeur, à d’autres de se fournir en équipements spécifiques. Ainsi les marchés Voyageurs, tout au long de l’année, accompagnent les grands événements. Lourdes n’y fait pas exception.

De même, l’État avec les préfectures doit organiser en amont l’accueil des pèlerins dans ce que le jargon administratif désigne des « grands passages » (plus de 200 caravanes).