Niki LORIER, parrain du MNF

C’est un immense honneur et une marque de confiance que nous a fait Niki LORIER en acceptant d’être le parrain du Mémorial des Nomades de France. Nous honorerons son engagement.

Nicolas LORIER (Niki), violoniste, luthier, artiste peintre et forain est né à Forbach, Bauerstraße 1, le 12 janvier 1917. Il grandi dans la Sarre, entre Sarrebruck et Metz, jusqu’au début de la Deuxième Guerre Mondiale. En 1935, deux ans après l’arrivée au pouvoir des Nazis, la Sarre devient Allemande. Dès 1936, sont père Bicha, un chef manouche très respecté, a envoyé des hommes prévenir les autres chefs et les familles du danger que représentait le nazisme et a lui-même pris la route de la France, à Forbach, en 1938 avec sa famille. Après l’Exode, la famille s’installe en Belgique près de la frontière hollandaise. Son père est arrêté, pois relaxé par le tribunal de Francfort. Aussitôt libéré il est arrêté par la Gestapo et sera assassiné en août 1942 dans le camp de concentration de Dachau en Allemagne. Repliée à Lille (Nord) alors sous commandement allemand à Bruxelles (Belgique) la famille, prévenue par un allemand connu à Sarrebruck, échappe à une rafle. Niki, pour venger son père, se joint à la Résistance à laquelle il est très vite utile car il parle couramment l’allemand. Etant l’aîné, il prend sous son aile ses 10 frères et sœurs. Pour survivre il joue du violon dans les cafés. Il se marie avec Yvette, fille d’une tenancière de bar, à Lille en 1946. Sylviano (†2013), Myriana, Renardo et Roberto naissent de cette union.

Président d’associations de défense des gens du voyage de 1969 à 2002.

Dès 1960, quand il voit la façon dont sont traités les voyageurs en France, il commence à prendre leur défense. « Nous avons été rejetés de toute part après guerre. Pourquoi ? Parce que nous vivions dans des caravanes. Cela m’a révolté. » En 1969 avec 7 voyageurs dont ses amis Dany Peto Manso qui sera son secrétaire général et Marius LUSSI son vice-président, il est l’un des premier à fonder une association composée uniquement de voyageurs afin de légaliser et organiser cette défense : le Comité National d’entente des Gens du Voyage. En 1980 il fonde avec ses fidèles amis, Dany Peto Manso et Marius LUSSI, l’O.N.A.T. (Office National des Affaires Tsiganes) puis en 1981 la Fédération Tsigane de France et le Mouvement confédéral tsigane pour regrouper l’ensemble des représentants du monde du voyage et proposer au gouvernement un seul interlocuteur. Ils gagneront de nombreux procès et notamment celui du 2 décembre 1983 contre la mairie de Lille, le Conseil d’État reconnaissant l’inviolabilité pénale d’une caravane servant de domicile. Le Conseil d’Etat a aussi considéré qu’un maire ne peut pas limiter « à 48 heures, sans possibilité de prolongation, autres que pour des raisons de santé exceptionnelles, le stationnement de ceux-ci sur le territoire de la commune  » et interdire le stationnement  » hors des emplacements fixés par les arrêtés contestés qui ne permettent l’accès que d’un très petit nombre de véhicules et sont dépourvus des aménagements indispensables, notamment sur le plan sanitaire« . Cette décision de justice participera à la création de la loi Besson en 1990 garantissant la création d’un Schéma National d’Accueil des Gens du Voyage.

Niki vit maintenant entouré de sa famille à Forbach dans l’Est de la France. Il est le patriarche estimé et respecté de tous. Il vient de fêter ses 100 ans. Il veut toujours être informé de ce qui se passe dans le monde du voyage et s’intéresse à tout. Il peint toujours et répare de temps en temps des violons. Il dit toujours qu’il aurait “pu faire plus mais le temps passe trop vite”…

Lors des élections présidentielles de 2017 il a délivré un message en manouche dans une vidéo, alertant sur les dangers du vote pour un parti fasciste. Ses enfants mettent leurs pas dans ses traces…


Sources: avec la bienveillance de la famille Lorier.