Camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) 1939 – 1941

Historique du Camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) février 1939 – septembre 1941

A la fin de la Guerre Civile Espagnole des dizaines de millers de Républicains se retrouvent bloqués à la frontière avec la France. Daladier donne l’ordre de passage le 5 février 1939. Ils sont immédiatement enfermés par les autorités françaises dans les camps de concentration improvisés comme le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, situé juste au nord de la plage d’Argelès. Ce camp devint durant la Seconde Guerre mondiale un Centre de rassemblement des étrangers avant d’être transformé en septembre 1941 en chantier de jeunesse. Bien qu’appelés « camp de concentration » ils sont à distinguer de ceux créés par les Nazis. “ Le terme camp de concentration peut choquer ; il est couramment utilisé dans les documents administratifs de l’époque, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, l’emploie dans un sens “ lénifiant ” lors de sa conférence de presse au début de février 1939 : Le camp d’Argelès-sur-Mer ne sera pas un lieu pénitentiaire, mais un camp de concentration. Ce n’est pas la même chose. ” (Cité par Dreyfus-Armand, Emile Témime, in Les camps sur la plage, un exil espagnol, Autrement, 1995, p.20-21.)

Les « expulsés d’Alsace-Lorraine par les Allemands dès l’été 1940 ont été dirigés vers la zone libre. Certains furent assignées à résidence dans le Rhône, d’autres, internés par le gouvernement de Vichy dans des camps existants depuis 1939. Vichy les interna d’abord au camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Le 30 octobre 1940, on recensait « 376 Gitans alsaciens-lorrains » dans le camp. Au 1er janvier 1941, 336 nomades y étaient toujours détenus. Fin 1941, l’administration transféra les internés au camp du Barcarès […]

Les camps d’Argelès-sur-Mer et du Barcarès, tous deux situés dans les Pyrénées-Orientales, ont été construits en 1939 pour accueillir les réfugiés espagnols puis des « étrangers ressortissants de pays ennemis » et des Juifs. Construits dans la précipitation, ces camps ont été édifiés sur des sites inappropriés à l’habitation, terrain marécageux battu par la tramontane à Argelès et terrains incultes situés en bord de mer au Barcarès. Fin 1941, le camp d’Argelès fut dissous et les internés transférés au Barcarès, camp dissous en juillet 1942. »  Filhol-Hubert, p.114.

Parmi ceux qui rejoindront le camp de Saliers par la suite :

• Léonie Marie Battista: Internée lors de la retirada

• Bamboula Démeter, évadé du camp

• Augustin Dorkeld: au moment de son arrestation en résidence forcée à Bellac. Interné à en mars 1940 sur décision du préfet de en Haute-Vienne. Evadé

• Georges Dorkeld, évadé le 15 juin 1941

• Claire Gimenez, internée le 29 décembre 1940, à l’âge de 4 ans

• François Gimenez, sauf-conduit pour lui et sa femme pour se rendre au camp d’Argelès-sur-Mer à pied en voiture ou en train en 15 jours suivant un itinéraire donné

• Ignacio Gimenez

• Isabel Gimenez-Emanuel, née le 06 décembre1940 au camp

• Léon Gimenez, interné le 29 décembre 1940

• Eugénie Heiss, évadée du camp

• Ernestine Hoffmann : « lorsque la guerre a éclaté, nous avons quitté Strasbourg où nous avions l’habitude de circuler. Mes parents étaient en prison et je me retrouvais donc seule avec mes enfants à Limoges. Mon père, Adolphe, est mort dans cette prison. Deux personnes de ma famille sont donc venues me chercher pour que je vienne avec elles à Lyon où se trouvaient beaucoup de Manouches d’Alsace. Après, nous avons été emmenés au camp d’Argelès. Je me souviens qu’une fois, la mer était montée et avait inondé le camp. Il avait donc fallu fuir quelque temps au village et quand l’inondation a été terminée, on nous a remis au camp d’Argelès. Mon beau-père, Gustave Hoffmann est mort dans ce camp. Nous sommes allés peu de temps après au camp de Rivesaltes avec toute la famille. Mon mari a été réquisitionné par les Allemands pour aller au travail forcé. Il travaillait dans une mine. Et puis, il s’est échappé du lieu où on le faisait travailler et il est retourné à Lyon. Quand je l’ai appris par des manouches qui venaient d’arriver au camp, je me suis échappée du camp de Rivesaltes avec mes deux enfants et nous sommes allés à Lyon. Là, nous avons vécu dans un appartement pendant pas mal de temps. Nous étions rassemblés avec d’autres Manouches dans un même quartier. »

• Jeanne Reinard, internée le 29 décembre 1940, décédée le 26 octobre 1943 au Camp de Saliers. 

Selon le Mémorial de la déportation des juifs de France de Serge Karsfeld 14 personnes parmi les familles Adel, Hoffmann, Reinhardt, Weiss et Winterstein sont décédées dans ce camp entre octobre 1940 et juillet 1941

Na bister!

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En savoir plus sur le site de No Pasaran, 

Visionner le film No pasarán de Henri-François Imbert en catalan sur l’internement des républicains au camp d’Argelers

Image de tête © Pierre Fuentes.Vue aérienne du camp d’Argelès Plage en Février Mars 1939.

crédit photo : Cartes postales APA