

Camp de La Morellerie, à Avrillé-les-Ponceaux (Indre-et-Loire) 1940-1941
Ancien manoir appartenant à Mr J. demeurant dans les Deux-Sèvres et réquisitionné par la préfecture pour abriter des troupes marocaines fin 1939. Ici, les habitants (581 au recensement de 1936) ont signé une pétition pour demander l’internement des Nomades de la commune.


Préfet: Jean Chaigneau (novembre 1940, novembre 1941)

Chef de camp : « Jean Renard, (foto, d.r.) fils du chef cantonnier de Continvoir, est nommé directeur du camp de la Morellerie. Le 8 novembre 1941, il accompagne les internés Nomades dans le camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) où il devient lui-même sous-directeur. Chef de la section montreuillaise du réseau de Résistance saumurois « Aristide Buckmaster », il est arrêté le 18 septembre 1943, emprisonné au Pré-Pigeon à Angers, puis déporté en Allemagne où il disparaît dans le camp de Buchenwald. » [Jacques Sigot].
Effectifs : 1 chef de Brigade, 19 gendarmes auxiliaires.
Personnel civil : 1 gérant, 1 cuisinier, 1 infirmière, 1 institutrice, service médical assuré par le médecin d’une commune voisine
La population du camp est mixte. Partie Principale: “français Nomades ou considérés comme tels par les autorités d’occupation”, “à l’origine, des réfugiés de la zone interdite”; “parmi les étrangers refoulés de la Gironde […] se trouvaient des nomades, des forains et autres individus sans domicile fixe, tant français qu’étrangers, pour lesquels autorités allemandes, 276 Nomades hommes, femmes et enfants, 20 communisses.
Baraquements de bois couverts de carton bitumé
3 poêles de chauffage par baraquement
Camp clôturé par 2 rangées de pieux sur lesquels sont tendues 8 rangées de fil de fer barbelés
Conditions d’hygiène rudimentaires
Les personnels et les gardiens sont logés dans le château…
Capacité d’accueil : 40, le camp sera surpeuplé en permanence.

Chronologie
30 novembre 1940, Arrivée des premiers Nomades au camp. Suivront le 6 décembre 1940, une partie des internés du camp de Nomades de Mérignac (Gironde) vidé les 1er et 2 décembre via la gare de Bordeaux-Bastide, soit 88 personnes.
Installation d’un “réseau de fil de fer barbelé” en 1941, « baraquements de bois […] nettement insuffisants pour la période d’hiver”
18 mars 1941, †† Décès de Louis HEISSAT (deux autres personnes y décèderont)
Avril 1941 : 226 internés Nomades
07 juin 1941 : 237 internés Nomades
30 juin 1941 : 210 internés Nomades
01er juillet 1941 : 262 internés (dont 25 communistes)
16 septembre 1941 : 275 internés Nomades
10 octobre 1941 : 291 internés (270 Nomades et 21 communisses)
16 octobre 1941 : 273 internés Nomades
fin octobre 1941 : 450 internés français et étrangers
31 octobre 1941 : départ des forains vers le camp de Montreuil-Bellay et départ des internés communistes et des « indésirables » pour le camp de Rouillé
Le camp est vidé le 08 novembre 1941, de 263 personnes dites Nomades emmenées à pied à la gare de Port-Boulet, direction le Camp de Nomades de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire)
Les barraques ont été détruites après-guerre.





Stèle

Inaugurée le 14 janvier 2008, elle, porte la mention:
Ici, dans ce camp dit de La Morellerie furent internés des Tsiganes du 6 décembre 1940 au 8 novembre 1941, et des communistes du 1er juillet au 17 novembre 1941, avant d’être transférés dans d’autres camps de la région. Passant, pense à ta liberté, cette liberté qu’on leur refusa.
Voir le site mémoriel de Tarnow (Pologne) richement illustré.
Sources
Le blog de Jacques Sigot.
Institut Géographique National, carte d’état-major et photographie aérienne 1950.
Archives départementales d’Indre-et-Loire, FRAD037, 118 W 1, La Morellerie, effectifs décembre 1940 ; 120 W 1, rapports sur le fonctionnement du camp de la Morellerie ; 120 W 3, internés; 120 W 6, 4 M 221, La Morellerie, camps de Nomades, et Note du sous-préfet de Chinon, 4 décembre 1940.
Archives Nationales, FRAN, F7 15086 et 15099, La Morellerie ; 72 AJ 282, Enquête sur le camp de la Morellerie
Robert Vivier, La Touraine sous l’occupation allemande 1940 – 1944, Tours, CHSGM, 1965. page 25
