Inauguration d’une plaque en mémoire des internés du camp de Louviers (27)

Une cérémonie commémorative de l’ancien camp d’internement pour nomades, route d’Elbeuf à Louviers (27) a eu lieu  samedi 17 mars 2018. Cette cérémonie, organisée principalement par l’Office départemental des Anciens Combattants, Madame Vanina Gasly, responsable des Archives de la Communauté d’agglomération Seine-Eure et Monsieur Jean-Marc Leconte, Directeur du centre social des gens du voyage Communauté d’agglomération Seine-Eure en présence du maire de Louviers François-Xavier Priollaud, du président de l’Agglomération Seine-Eure Bernard Leroy et du sous-préfet Bernay Philippe Laycuras, d’anciens internés accompagnés de quelques descendants d’internés et autres personnes.

C’est pour nous une très bonne chose qu’un lieu de mémoire soit créé et qu’un hommage soit rendu aux nomades de France internés durant la deuxième guerre mondiale.

Néanmoins, il nous paraît important de faire connaître notre désaccord sur certains points.

L’antériorité des recherches :

Dans un article de actu.fr paru le 16 mars 2018 il est écrit : « C’est en 2016 que Vanina Gasly, au service des Archives de la Communauté d’agglomération Seine-Eure, va mettre au jour ce pan de l’histoire. » Certes, mais nous avions nous même eu connaissance d’un dossier «Camp de Gaillon –  Internements des nomades, 1941-1945 » sur le site des Archives Départementales de l’Eure dès 2009 (sur lequel nous travaillons encore actuellement).

La sémantique raciale utilisée :

Sur la plaque commémorative, dans tous les articles publiés sur le web et dans la presse le terme « Tziganes/Tsiganes » utilisé pour désigner les internés du camp de Louviers est inapproprié : bien qu’usité comme désignation générique par certains, il induit une forte connotation ethnique puisqu’il se réfère aux groupes de nomades d’origine rom. Hors, connaissant les origines d’une grande partie des familles des internés de Louviers, nous savons qu’elles ne peuvent pas être toutes assimilées à ce terme mais peuvent l’être sous le vocable de nomades.

A ce titre : le décret paru le 9 avril 1940 dans le JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE précise « Décret interdisant la circulation des nomades sur la totalité du territoire métropolitain » et l’Ordre de Réquisition du 21 novembre 1940 fait à Evreux concernant le futur camp de Louviers, précise « … cette carrière est destinée à recevoir les nomades du département de l’Eure. » C’est la cause de leur internement, et c’est ainsi qu’ils sont persécutés jusqu’en juin 1946.

L’exclusion permanente des principaux intéressés :

C’est avec plaisir que nous aurions pu collaborer à sa préparation et y apporter notre savoir concernant des faits historiques qui nous concernent au premier chef. Rappelons que nous représentons tous les internés nomades de France et que nous sommes tous apparentés à des familles d’internés.

Lors de son discours à Montreuil-Bellay le 29 octobre 2016 (cérémonie à laquelle nous assistions), Monsieur le Président, François Hollande s’est adressé aux associations de « gens du voyage », terme administratif qui s’est substitué à « nomades » en 1969, ainsi qu’aux familles et descendants. Faisant référence à la Charte d’objectifs Culture Gens du voyage et Tsiganes de France signée le 22 septembre 2016, nous pensons que le Mémorial des Nomades de France aurait eu sa place à cette inauguration. Hors il n’en a rien été : nous trouvons regrettable d’avoir eu connaissance de celle-ci à posteriori.

Madame Siegler, Présidente de l’association normande DICB (Descendants des Internés du Camp de Barenton) et membre fondatrice du MNF (Mémorial des Nomades de France).

Sources : AD 27-16W157/16W162, AN, actu.fr, ville-louviers.fr, louviers-2008.blogspot.fr, agglo-seine-eure.fr, francebleu.fr

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