[:fr]Camp de Jargeau (Loiret)[:]

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Avant Jargeau : Louviers

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, 110 nomades de l’Eure ont été persécutés par les autorités françaises et d’occupation.
Du 22 novembre 1940 au 7 mai 1941, près de 90 d’entre eux, hommes, femmes et enfants, furent internés dans une carrière désaffectée de Louviers (Eure), dans des conditions inhumaines.
La plupart furent ensuite dirigés vers le camp d’internement de Jargeau (Loiret), d’où certains ne furent libérés qu’à la fin de l’année 1945.

Le camp de Jargeau

Avec les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, le camp de Jargeau est l’un des trois camps implantés dans le département du Loiret. Il ouvre ses portes en Août 1941 sous l’ordre du préfet du Loiret, Jacques Moranes.
Situé à 19 km à l’est d’Orléans, dans la commune de Jargeau, le camp d’une superficie de 2,5 hectares était doté de 17 baraquements ; le camp de Jargeau était censé pouvoir interner 600 personnes. Il comptera pourtant jusqu’à 1 700 internés.
Le 26 octobre 1940, dans une ordonnance transmise à la préfecture du Loiret pendant la seconde guerre mondiale, 1 700 personnes dont 1 200 manouches, yéniches et forains ont été enfermés dans ce camp de 1941 à décembre 1945.
Les hommes, les femmes et les enfants vivent dans des conditions inhumaines. Les baraques ne sont pas isolées et chauffées par un seul poêle. Les litées ne sont recouvertes que de paille. La vermine grouille dans les lits et infestent les corps décharnés des internés qui souffrent de la faim.
Les allemands n’interviennent jamais dans la vie du camp qui est sous la responsabilité totale de la Préfecture du Loiret.
La libération de la région intervint au mois d’août 1944, mais les portes ne s’ouvrent pas pour autant devant les nomades; les autorités ne voulant pas d’eux sur les routes dans un pays toujours en conflit.
En 1945, on autorisa enfin la libération des familles qui pouvaient fournir un certificat de résidence signé par un maire qui les acceptait sur sa commune. Les maires des communes furent très rares à accepter de signer ce document et les sorties du camp furent très difficiles.
La libération de la France ne concerne pas les internés du camp de Jargeau et il faut attendre le 31 décembre 1945 pour que les familles soient purement et simplement mises à la porte du camp, sans aucune prise en charge, sans logement ni nourriture.
La fermeture définitive intervient en décembre 1945.

Après-guerre

Le 7 décembre 1991, une plaque commémorative est posée au collège Clos Ferbois. Elle porte l’inscription suivante :
« Ici, 1 700 personnes ont été privées de liberté entre 1939 et 1945 dont Tsiganes, résistants, réfractaires et personnes marginalisées ».

Le 17 mars 2018, une stèle commémorative a été posée sur le site même du camp tandis qu’était publiée une brochure, rédigée en partenariat avec des élèves du lycée Marc-Bloch de Val-de-Reuil.

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