Association Descendants des Internés du Camp de Barenton (DICB)

«L’histoire appartient à ceux qui l’ont écrite et à ceux qui l’ont vécue. L’héritage revient à ceux qui en subissent les conséquences »

Historique du “Camp de La Cité de la Mine” de Barenton

Par arrêté du 27 mai 1940, le préfet de la Manche, ordonne aux nomades circulant dans le département de résider à cinq endroits précis : le Champ de Foire de Gavray, la Carrière des Bourdonnières à Saint-Michel-de-Montjoie, Le Boscq à Saint- Martin-d’Aubigny, le Champ de Mars de Saint-Lô, et la Carrière des Aubrils à Mortain. Peu nombreux, une trentaine au total, ils sont d’abord regroupés sur le champ de foire de Gavray d’où ils seront dirigés vers le camp de Barenton.

Suite aux instructions allemandes du MBF du 4 octobre 1940, le 4 avril 1941, le nouveau préfet nommé par Vichy, réquisitionne les bâtiments d’un entrepreneur de Barenton. Ce même jour, le maire de Barenton reçoit des instructions du sous-préfet d’Avranches.

Le camp est créé dans l’improvisation la plus totale avec un capacité de 40 personnes le 11 avril 1941 sur les instructions du préfet de la Manche, situé en retrait de la route de Barenton à Rancoudray. Les travaux sont réduits au strict nécessaire : une ceinture de barbelés (neufs rangs de barbelés), de la paille. On a omis de conditionner le choix du site à la présence d’un raccordement électrique, d’eau potable et de sanitaires. C’est le plus petit camp de France.

Trois familles – et quelques personnes – y sont internées. Les Archives nationales gardent la trace du camp de Barenton : « Une cinquantaine d’internés, de nationalités diverses ».

Les conditions d’existence sont très difficiles. Selon le rapport de juin 1942 du sous-préfet d’Avranches, les logements sont misérablement meublés. A défaut d’ustensiles de cuisine, les nomades utilisent des boîtes de conserve usagées pour chauffer et manger les aliments. L’absence d’eau sur place oblige à aller en chercher par petites quantités dans les bois, à près d’un kilomètre du camp. Les 22 enfants sont déclarés presque tous « chétifs ».

L’agent administratif du Mortainais prévient le 19 juin que «Etant donné l’état de faiblesse dans lequel se trouvent enfants et adultes, si une épidémie survenait ils y passeraient tous ». Déjà en janvier 1942, le commandant de la section de gendarmerie de Mortain rapportait que seuls 3 enfants sur les 11 internés fréquentent l’école du village ; les autres en étant dispensés, n’ayant pas de vêtements « décents ».

Le 8 octobre 1942 trente-cinq nomades sont transférés à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).

L’après Camp

Le 12 décembre , le préfet de la Manche levait la réquisition des logements, permettant au propriétaire d’en disposer de nouveau.

Une stèle est inaugurée le 11 octobre 2008. On peut y lire l’inscription suivante : « 11 avril 1941 – 8 octobre 1942. Ici, l’occupant nazi, avec la complicité des autorités de Vichy a fait interner les gens du voyage [sic]. Des enfants, des vieillards, des femmes et des hommes ont souffert. Souvenons-nous, pour que rien de semblable ne survienne demain ! ». (Ouest-France, 13 octobre 2008)

Sources : Extrait : Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, Edition du patrimoine normand, 50570 Marigny ; AD 50 « Dicdac’doc 12 » ; Archives nationales 72.AJ.284 document non daté ; Arch. dép. Manche 1 Z 476 ; Wikimanche ; J. Sigot ; (cliché de la stèle, Valérie Nicolas)

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